Métiers & secteurs

Se former à l'ingénierie système : masters, mastères spécialisés, certifications

Métiers & secteurs · Publié le 2026-10-20

Vue aérienne d'un campus d'école d'ingénieurs avec ses bâtiments, un lac et des parkings, entouré de champs
Le campus de l'École polytechnique à Palaiseau, sur le plateau de Saclay. Photo : Jérémy Barande, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

On devient rarement ingénieur système par un diplôme qui porte exactement ce nom. Le plus souvent, on y arrive après une formation d'ingénieur ou un master scientifique, en se spécialisant par l'expérience, une formation complémentaire ou une certification. Ce guide présente les grandes voies de formation en France, avec des repères vérifiés et les questions à poser avant de s'engager.

La base : une formation d'ingénieur ou un master scientifique

L'ingénierie système s'appuie sur une compétence technique solide. La voie la plus fréquente reste un diplôme d'ingénieur ou un master dans une discipline de base (mécanique, électronique, automatique, informatique, génie industriel), suivi d'une spécialisation. De nombreuses écoles d'ingénieurs proposent en dernière année des options ou des parcours consacrés aux systèmes complexes, à l'architecture des systèmes ou au MBSE, souvent en lien avec les industries de leur région.

Pour vérifier qu'un diplôme d'ingénieur est reconnu, la liste des formations habilitées par la Commission des titres d'ingénieur (CTI) fait référence. Pour un master universitaire, c'est l'accréditation par le ministère chargé de l'enseignement supérieur qui garantit le grade de master.

Les masters orientés systèmes

Parmi les mentions de master, « Ingénierie des systèmes complexes » est la plus directement liée à l'ingénierie système. L'université Paris-Saclay, par exemple, présente son master Ingénierie des systèmes complexes comme visant à appréhender la modélisation, la conception et le management de systèmes, de produits, de processus et d'organisations, en s'appuyant sur les sciences de la modélisation, l'ingénierie système et le génie industriel. D'autres universités proposent des parcours proches, sous des mentions comme génie industriel, automatique ou électronique, énergie électrique.

Le plus sûr, pour trouver l'offre à jour, est d'interroger les moteurs de recherche publics : la plateforme nationale Mon Master recense les masters nationaux et leurs parcours, et les fiches de l'Onisep décrivent les établissements et leurs formations.

Les mastères spécialisés

Le Mastère Spécialisé, avec un accent grave et une marque déposée, est un label de la Conférence des grandes écoles (CGE), que seules ses écoles membres peuvent délivrer. Ce n'est pas un diplôme national et il ne confère pas le grade de master ; il s'adresse en général à des diplômés de niveau bac+5, ou à des professionnels expérimentés, et comprend une période en entreprise. L'Onisep présente ces labels et leurs différences avec les diplômes nationaux.

À titre d'exemple vérifié, l'ISAE-SUPAERO, à Toulouse, propose un Mastère Spécialisé « Systems Engineering » (SEN). D'après l'école, il s'agit d'un diplôme d'établissement labellisé par la CGE, préparé en un an. La certification professionnelle associée, « Architecte - Manager en ingénierie système (MS) », est enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles sous le numéro 41130, au niveau 7 ; cette fiche a remplacé l'ancienne fiche 36470, et elle prévoit une thèse professionnelle, qui peut être préparée en entreprise. D'autres écoles proposent des mastères spécialisés en ingénierie système ou en management de projets complexes ; leurs fiches RNCP, consultables sur le site de France compétences, indiquent les compétences certifiées.

Attention au vocabulaire. Le mot « mastère » sans label n'est pas protégé. Une formation peut s'appeler « mastère » sans être un Mastère Spécialisé de la CGE ni conférer le grade de master. Le numéro RNCP et le niveau de certification sont les repères à vérifier.

La formation continue

Pour un ingénieur déjà en poste, la formation continue est souvent la voie la plus réaliste : sessions courtes sur les fondamentaux de l'ingénierie système, sur SysML ou Arcadia, sur l'ingénierie des exigences ou sur un outil donné. Elles sont proposées par des écoles, des organismes de formation et des éditeurs d'outils. Quelques réflexes avant de s'inscrire :

Les droits à la formation acquis sur le compte personnel de formation se consultent sur le service public Mon compte formation.

Les certifications de l'INCOSE

L'INCOSE, l'association internationale d'ingénierie système, née aux États-Unis en 1990 sous le nom de National Council on Systems Engineering, propose un programme de certification professionnelle à plusieurs niveaux :

ASEP (Associate Systems Engineering Professional)
Le niveau d'entrée, pour ceux qui n'ont pas encore l'expérience requise pour le niveau suivant. Il repose sur un examen de connaissances fondé sur le manuel d'ingénierie système de l'INCOSE.
CSEP (Certified Systems Engineering Professional)
Il combine le même examen et une expérience documentée et vérifiée en ingénierie système. Un titulaire de l'ASEP peut évoluer vers le CSEP en accumulant l'expérience requise.
ESEP (Expert Systems Engineering Professional)
Le niveau expert, qui ne repose pas sur un examen mais sur un dossier démontrant une longue expérience reconnue et un leadership technique.

Les conditions exactes (années d'expérience, références, renouvellement, tarifs) sont fixées par les documents du programme, mis à jour régulièrement par l'INCOSE ; il faut toujours les consulter dans leur dernière version avant de préparer une candidature. La certification n'est pas un prérequis pour exercer en France, mais elle est appréciée dans les entreprises qui travaillent à l'international.

L'AFIS, relais français de l'INCOSE

En France, l'Association française d'ingénierie système (AFIS) relaie notamment le programme de certification de l'INCOSE. Son site présente ses comités techniques, ses chapitres régionaux et ses activités liées à la certification INCOSE. Pour un étudiant ou un jeune ingénieur, ce type d'association professionnelle est un moyen de rencontrer des praticiens et de suivre l'évolution des méthodes.

Vue Système est une publication indépendante ; elle n'a aucun lien avec l'AFIS ni avec l'INCOSE.

Choisir son parcours

Il n'existe pas de voie unique. Un étudiant en école d'ingénieurs peut choisir une option systèmes et viser un premier poste en intégration ou en exigences. Un ingénieur spécialiste de quelques années d'expérience peut compléter son profil par une formation continue en MBSE, puis par une certification. Un professionnel qui veut changer de dimension peut viser un mastère spécialisé. Dans tous les cas, l'expérience de projet reste le cœur de la compétence : les formations accélèrent, elles ne remplacent pas. Notre article sur le métier d'ingénieur système décrit les missions et les évolutions de carrière, et notre guide où s'installer près des grands pôles industriels présente les territoires où se concentrent formations et emplois. Les spécificités des secteurs ferroviaire et automobile sont abordées dans notre article sur la sûreté de fonctionnement.

Sources